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Quelle alimentation pour un marathon ?
Mise à jour le Vendredi, 02 Avril 2010 08:39 Écrit par Isabelle : nutritionniste conseil Mercredi, 11 Novembre 2009 18:37
Un peu de physiologie ...
Une bonne compréhension des contraintes physiologiques liées à la pratique sportive permet de définir au mieux les besoins énergétiques du marathonien.
Pour rappel, les muscles ont besoin d'énergie et plus spécifiquement d'adénosine tri-phosphate ou ATP.
La scission de l'ATP fournit une quantité importante d'énergie au muscle. Cependant, les réserves d'ATP dans notre organisme sont minimes et ne permettent une mobilisation des muscles que de quelques petites secondes...Il est donc nécessaire de résynthétiser l'ATP au fur et à mesure des besoins. Trois grandes voies sont possibles pour cela: la créatine phosphate (CP), la filière glycolytique anaérobie et la filière glycolytique aérobie.
Pour le marathonien, cette dernière filière est la principale source de fourniture d'énergie musculaire. Il est donc important de veiller à bien la développer par un entraînement adapté et lui permettre de fonctionner au mieux, par une alimentation adéquate.
Comment optimiser le fonctionnement de la filière aérobie?
Chez le marathonien, la fabrication de l'ATP va avoir lieu essentiellement en présence d'oxygène : l'oxydation des glucides et, dans une moindre mesure des lipides et protéines (bien moins efficace), va donner de l'ATP et du gaz carbonique (CO2) qui sera éliminé par les poumons. L'avantage de cette filière est la non production de lactate.
Pour que la fabrication d'énergie soit efficace, l'organisme doit disposer de glucides rapidement oxydables sous forme de glucose sanguin. Celui-ci proviendra de l'alimentation pendant l'activité physique mais aussi des réserves hépatiques et musculaires de glycogène. Les réserves de glycogène musculaire sont la principale source énergétique au début d'un effort de faible intensité. Au fur et à mesure que les réserves diminuent, le glycogène hépatique mais aussi les lipides participent de façon croissante à la fourniture d'énergie.
Ces réserves sont fonction de l'entraînement mais aussi de l'alimentation des derniers jours précédant l'activité. Elles sont de toute façon faibles car représentent environ 500g au total.
Quand les réserves s'épuisent au cours de l'effort, une sensation de fatigue apparait.
Pour résumer, l'apport en glucides doit être un élément clé dans l'alimentation du marathonien.
Un impératif: gonfler ses stocks de glycogène
Le marathonien doit suivre un entraînement adapté qui va lui permettre de ne pas trop souffrir le jour J. Cet entraînement, principalement réalisé en endurance, aura aussi pour effet d'améliorer l'efficacité de la filière aérobie et de favoriser le stockage du glycogène dans les muscles. L'athlète entraîné a, en effet, la faculté de stocker plus de glycogène qu'un sédentaire.
Hormis l'entraînement, l'alimentation aura un rôle primordial pour augmenter la quantité de glycogène stocké. Le marathonien doit avoir une alimentation équilibrée pendant l'année et privilégier une alimentation hyperglucidique les derniers jours avant l'épreuve. S'il est conseillé d'adopter cette alimentation spécifique les 3 derniers jours, des études ont montré que, si cela n'était pas possible, une alimentation hyperglucidique la veille de l'épreuve uniquement avait une incidence positive sur le stockage du glycogène. Ce régime particulier doit faire la part belle aux glucides lents (féculents) et limiter les glucides d'index glycémique élevé (sucreries, sodas etc...) qui favorisent la sécrétion d'insuline. Pendant cette période, le marathonien doit conserver un apport protéique habituel et limiter les lipides.
Pendant la course, un apport de glucides rapides permettra aussi de limiter l'épuisement du glycogène pendant la course. Cet apport de glucides permet aussi d'éviter l'utilisation trop rapide des protéines comme source énergétique.
En pratique
Les 3 jours précédants
- - Augmenter le stock de glycogène: consommer environ 10g/kg/j de glucides soit 700g pour un homme de 70 kg. Consommer pâtes, riz, légumes secs etc en quantité adéquate ou alors utiliser des polymères de glucose de type maltodextrines de faible DE. La veille, ne pas trop abuser des pâtes à la Pasta Party pour éviter une digestion difficile la nuit! Des pâtes oui, mais sans en faire une orgie!
- - Limiter les fibres: attention à limiter les fibres pour éviter les flatulences le jour J.
- - Bien s'hydrater: l'eau est indispensable pour le stockage du glycogène. 1g de glycogène nécessite 3 g d'eau. Une légère augmentation de votre poids est donc normale.
La collation pré-compétition
- - Privilégier les sucres lents: un gâteau de l'effort ou encore mieux, une crème dessert spécifique accompagnés d'une boisson (éviter thé et café, excitant sauf si vous avez l'habitude). Il faut privilégier des aliments semi-liquides ou liquides qui se digèrent mieux. Des aliments plus classiques tels des biscuits ou du pain accompagnés d'un yaourth peuvent convenir.
- - Eviter le lait: le lait ne se digère pas toujours très bien et surtout si vous avez une certaine intolérance au lactose.
- - Bien s'hydrater
- - Eviter les sucres rapides
La ration d'attente
- - Eviter les sucres rapides avant l'échauffement: la consommation de sucres rapides tel le glucose entre la collation et le début de l'effort risque d'induire une hypoglycémie réactionnelle
- - Consommer éventuellement une boisson au fructose: le cerveau est un gros consommateur de glucides et en période de stress, avant un départ, les réserves de glucose peuvent diminuer. Pour éviter d'épuiser les stocks de glycogène avant le départ, vous pouvez boire une boisson d'attente (ou eau légèrement sucrée avec du fructose).
- - Continuer à bien s'hydrater: régulièrement, par petites quantités mais pas trop non plus pour éviter d'aller souvent aux toilettes! S'il fait trop chaud, se mettre à l'ombre, permet de démarrer dans de meilleures conditions.
Pendant le marathon
- - S'hydrater: boire régulièrement tous les ¼ d'heure 10 à 15 cl d'eau. L'eau devra être à température ambiante
- - Consommer des glucides rapides: un mélange glucose-fructose est idéal à raison de 60g/heure en moyenne (soit 60 à 80 g/l environ). Ces glucides sont consommés soit sous forme de boisson soit sous forme de gels glucidiques.
Prendre un gel (ou 1demi gel) avant chaque ravitaillement et boire l'eau proposée au stand permet de limiter le poids à emporter!
Si les gels antioxydants peuvent être utiles pour leurs apports vitaminiques, rien ne sert de multiplier les différents gels. L'important est de commencer à s'alimenter dès les 5 premiers kms puis régulièrement, sans attendre le mur!
Après le marathon
CETTE ETAPE EST PRIMORDIALE MEME SI BEAUCOUP DE MARATHONIENS L'OUBLIENT!
Juste après
- - Se réhydrater: boire, boire, boire ....pour compenser toutes les pertes hydriques
- - Apporter des minéraux: du sodium (1g/l) voire du potassium si la température extérieure était élevée
- - Apporter des glucides: les muscles sont de véritables éponges à glucides pendant les 2 heures qui suivent la fin de l'effort. Le restockage du glycogène est favorisé par une grande libération d'insuline.
- - Apporter des protéines: l'apport de protéines va potentialiser le restockage du glycogène et permet de relancer la synthèse (anabolisme) des protéines musculaires. Cet apport protéique favorise la «reconstruction musculaire»
Boire une boisson de récupération bien formulée qui apportera tous ces nutriments. A défaut, une boisson sucrée et salée et un apport protéique peuvent être utilisés.
Le soir et les jours suivants
Privilégier une alimentation hyperglucidique (à sucres lents) et continuer bien s'hydrater
Bibliographie
Bigard X, Guezennec C-Y. Nutrition du sportif. Ed. Masson, 2007
Nutrition and Athletic Performance. Medicine & Science in Sports & Exercise: March 2009 - Volume 41 - Issue 3 - pp 709-731
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Dépense énergétique des adolescents sportifs : comment l’évaluer ?
Mise à jour le Mardi, 09 Février 2010 22:39 Écrit par Isabelle : Nutritionniste Conseil Vendredi, 09 Octobre 2009 20:31
La dépense énergétique journalière (DEJ) est composée des dépenses énergétiques liées au métabolisme de base (MB), aux activités plus ou moins sédentaires, aux activités sportives, à la croissance (1 à 3 %), aux repas etc...
L'activité physique de haut niveau peut augmenter la DEJ de 25 à 30 %, voire plus s'il s'agit d'activités très intenses telles le cyclisme ou la course.
Cependant, peu de données précises existent pour les adolescents car la DEJ peut être très variable notamment suivant le poids, le sexe, le type et la durée de l'entraînement. L'idéal est donc de déterminer la DEJ individuellement.
Il est possible de procéder à une estimation réaliste de la DEJ. Une des méthodes les plus faciles à mettre en œuvre pour ce faire consiste à utiliser les équations de Black (1996) et la méthode factorielle.
Cependant, afin de vous donnez un ordre d'idée, voici quelques DEJ de jeunes sportifs répertoriées lors d'études scientifiques en fonction de leur discipline (en kcal/j):
Athlètes (1) garçons: 3585; filles: 2485
Nageurs de 17 ans (E: env 6h/j) (2): 5592
Par ailleurs si l'on se réfère aux apports conseillés pour les adolescents sportifs (3), les apports énergétiques ci dessous peuvent être proposés, à titre indicatif.
Tableau 1 : Apports énergétiques conseillés pour des garçons de 50 et 70 kg et des filles de 50 et 60 kg et pour une durée d'entrainement hebdomadaire de 10 et 14 h, en fonction du type de sport.
|
|
|
Apports énergétiques conseillés (kcal/j) |
|||
|
Sport |
Nbre d'heures d'entraînement |
Garçons 60 kg |
Garçons 70 kg |
Filles 50 kg |
Filles 60 kg |
|
Basket |
10 |
3000 |
3350 |
2450 |
2700 |
|
|
14 |
3250 |
3600 |
2600 |
2900 |
|
Course de demi-fond |
10 |
3600 |
4000 |
2500 |
2800 |
|
|
14 |
3850 |
4250 |
2700 |
3000 |
|
Triathlon |
10 |
3300 |
3650 |
2480 |
2750 |
|
|
14 |
3600 |
4000 |
2700 |
3000 |
|
Perchistes |
10 |
3000 |
3300 |
2400 |
2550 |
|
|
14 |
3100 |
3450 |
2500 |
2700 |
|
Judo |
10 |
3000 |
3350 |
2300 |
2550 |
|
|
14 |
3250 |
3600 |
2450 |
2700 |
Bibliographie
Ribeyre et al.(2000) Components and variations in daily energy expenditure of athletic and non-athletic adolescents in free-living conditions. Br J Nutr. 84(4):531-9.
Trappe TA et al.(1997)Energy expenditure of swimmers during high volume training. Med Sci Sports Exerc. 1997 Jul;29(7):950-4
Vidailhet M. (coord.), Apports nutritionnels conseillés pour les enfants et adolescents sportifs de haut niveau de performance, éditions Tec & Doc Lavoisier / AFSSA, Paris, 2004Détermination du métabolisme de base
Mise à jour le Mardi, 09 Février 2010 23:13 Écrit par Isabelle : Nutritionniste Conseil Vendredi, 09 Octobre 2009 20:55
Pour évaluer le métabolisme basal, il est possible d'utiliser les équations de Black et al. (1996):
Femmes : MB = 0,963 . P0,48 . T0,50 . A-0,13
Hommes : MB = 1,083 . P0,48 . T0,50 . A-0,13
Avec : MB en MJ.j-1, P = poids en kg, T = taille en m, A = âge en années
NB : 1 MJ = 239 kcal
Bibliographie
Martin A. (coord.), Apports nutritionnels conseillés pour la population française, éditions Tec & Doc Lavoisier / AFSSA, Paris, 3e édition, 2001
Estimation de la dépense énergétique journalière
Mise à jour le Mardi, 09 Février 2010 23:12 Écrit par Isabelle : Nutritionniste Conseil Dimanche, 11 Octobre 2009 20:54
Une des méthodes, dite factorielle, permet d'évaluer très facilement la dépense énergétique journalière (DEJ) d'un individu. Bien sur, elle n'est pas extremement précise puisque le résultatest fiable à +/- 10 %. Elle se base sur le relevé des activités physiques de la journée et de leur niveau d'intensité ou NAP (niveau d'activité physique).
Pour estimer le MB, voici comment procéder :
-Tout d'abord, calculer le métabolisme basal (cf l'article traitant de ce sujet)
-Ensuite, noter la durée de toutes les activités pratiquées au cours de la journée
-Classer les activités en fonction de leur niveau d'intensité (NAP). Pour simplifier l'évaluation, les activités sont réparties en 6 catégories (auquel correspond un NAP) suivant le tableau ci -dessous.
-Faire le total de la durée des activités de chaque catégorie (en heures); la somme des durées faisant 24 h.
-Calculer un NAP moyen ainsi:
NAP moyen de la journée = (durée (en h) de chaque catégorie * NAP correspondant à la catégorie)/24
Calculer la DEJ ainsi: DEJ = MB*NAP moyen
|
Catégorie |
NAP |
Activités |
|
A |
1 |
Sommeil et sieste, repos en position allongée |
|
B |
1,5 |
En position assise : repos, TV, micro-ordinateur, jeux vidéo, jeux de société, lecture, écriture, travail de bureau, couture..., transports, repas |
|
C |
2,2 |
En position debout : toilette, petits déplacements dans la maison, cuisine, travaux ménagers, achats, travail de laboratoire, vente, conduite d'engins |
|
D |
3,0 |
Femmes : marche, jardinage ou équivalent, gymnastique, yoga |
|
E |
3,5 |
Hommes : marche, jardinage, activités professionnelles d'intensité élevée (maçonnerie, plâtrerie, réparation auto...) |
|
F |
5 |
Sport, activités professionnelles intenses (terrassement, travaux forestiers...) |
Ex:
Si j'ai une journée bien productive! de 12h de sieste et de 12h de TV, mon NAP moyen sera de 1.25: (12*1)+(12*1.5)/24=1.25
Si mon MB est de 8.5 MJ, par ex,ma DEJ, sera égale à : 1.25*MB = 1.25*8.5 MJ = 10,6 MJ par jour
RQ: Les auteurs ont proposé une augmentation de 0,3 point du NAP moyen pour les personnes qui pratiquent une demi-heure à une heure d'activités physiques intenses de sports ou de loisirs 4 à 5 fois par semaine, ce qui permet de traduire une augmentation du MB.
Bibliographie
Martin A. (coord.), Apports nutritionnels conseillés pour la population française, éditions Tec & Doc Lavoisier / AFSSA, Paris, 3e édition, 2001
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