CGM et sport : monitorer sa glycémie en temps réel pour optimiser sa nutrition
Le CGM est passé du cabinet de diabétologie aux poignets des athlètes. Que peut-il apporter à un sportif non diabétique ?
Qu’est-ce qu’un CGM ?
Flockhart et Larsen (Sports Medicine, 2024, doi:10.1007/s40279-023-01910-4) montrent que chez les athlètes, la régulation glycémique diffère des sédentaires : excursions plus larges, hypoglycémies fréquentes à l’effort prolongé. Aucun consensus ni valeurs de référence spécifiques aux sportifs n’existe encore.
CGM et hypoglycémie réactive avant l’effort : une donnée clé
Zignoli et al. (European Journal of Sport Science, 2024, doi:10.1080/17461391.2023.2233468) ont analysé 48 799 événements alimentaires pré-exercice enregistrés par 6 761 utilisateurs de CGM. Ils identifient une fenêtre défavorable entre 30 et 90 minutes avant l’effort : manger dans ce créneau augmente significativement le risque d’hypoglycémie réactive dans les 30 premières minutes, avec un pic à 60 minutes. Implication pratique : manger soit moins de 30 minutes avant l’effort, soit plus de 90 minutes avant.
CGM en ultra-endurance : un cas d’école
Trinh et al. (Frontiers in Sports and Active Living, 2026, doi:10.3389/fspor.2026.1733702) ont suivi un athlète amateur avec CGM lors d’un tétrathlon suédois de 18h30 (316 km vélo + 3 km natation + 84 km ski + 30 km trail). Résultat : glycémie stable sur les trois premiers sports, hypoglycémie transitoire uniquement sur le trail final. Les auteurs concluent que les contraintes logistiques — et non les cibles horaires — ont déterminé les apports glucidiques. Le CGM avec règles de décision prédéfinies pourrait améliorer le ravitaillement de fin d’épreuve.
Les limites du CGM chez le sportif
Dole et al. (International Journal of Sports Physiology and Performance, 2025, doi:10.1123/ijspp.2024-0068) ont mis en évidence une limitation importante chez 12 coureuses d’ultra-endurance : le CGM sous-estime systématiquement la glycémie capillaire réelle, avec un écart moyen de -0,43 mmol/L à jeun et -1,02 mmol/L en conditions nourries, variable selon la phase du cycle menstruel. Une décision nutritionnelle basée sur un CGM seul peut donc être erronée. Le CGM est un outil d’exploration et de personnalisation, pas encore un outil de prescription standardisé.
Pour qui le CGM est-il pertinent ?
Le CGM apporte une valeur réelle pour les athlètes d’endurance cherchant à optimiser leur ravitaillement en compétition longue (marathon, triathlon, ultra) et les sportifs sujets aux hypoglycémies réactives. Pour le sportif loisir, son coût (30 à 90 €/capteur de 14 jours) n’est pas justifié sans accompagnement spécialisé.
Bibliographie (PubMed)
Flockhart M., Larsen F.J. CGM in Endurance Athletes. Sports Medicine, 2024. doi
Zignoli A. et al. Pre-exercise timing and reactive hypoglycemia. EJSS, 2024. doi
Dole A. et al. CGM Underreports Glucose in Female Ultrarunners. IJSPP, 2025. doi
Trinh J. et al. CGM in a Swedish tetrathlon. Front Sports, 2026. doi



