Sébastien CHAIGNEAU

Alimentation du traileur : Sébastien CHAIGNEAU répond à nos questions!

Figure incontournable de l’ultra-trail, Sébastien CHAIGNEAU a accepté de répondre à nos conseils. Découvrez ses trucs de pro et ses conseils diététiques pour préparer au mieux une compétition de trail!

Bonjour Sébastien, peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour, je suis Sébastien Chaigneau, j’ai 40 ans et suis professionnel en course d’ultra-trail. Je suis papa de deux enfants, un petit garçon de 4 ans, Ethan et une petite fille de 10 mois Willow.

Sébastien CHAIGNEAU
Sébastien CHAIGNEAU

Crédit photo : @Sébastien CHAIGNEAU

Depuis combien de temps pratiques-tu le trail ?

Je pratique mon activité sportive depuis 11 ans.

Quels sont tes plus beaux souvenirs de traileur ?

En fait je n’ai pas un souvenir plus beau l’un que l’autre. Je passe par de très beaux endroits et je fais des rencontres magnifiques, aussi bien lors de mes entrainements que lors d’épreuves. J’ai passé des moments fabuleux durant le dernier UTMB pendant lequel j’ai couru avec ce petit groupe de coureurs un bon moment et je me suis trouvé face à face avec un loup l’hiver dernier. Donc, je n’ai pas de plus beaux souvenirs, plus intenses l’un que l’autre. Je ne recherche qu’à profiter de ce type de moments quand j’y suis confronté… L’alimentation tient une place importante chez le traileur.

Comment t’alimentes-tu au quotidien, pendant les périodes d’entrainement ? Utilises-tu parfois des compléments alimentaires pour éviter les carences ou parviens-tu facilement à équilibrer tes repas ?

En fait, je suis un régime très simple qui me dit de manger de tout en petites quantité afin d’être bien dans la tête et de ne pas me martyriser plus qu’il ne le faudrait. La tête est un facteur très important dans la longue distance et de ce fait je tente de l’économiser autant que possible. Ensuite, je fais attention les dernières semaines avant une épreuve et particulièrement, à ralentir la consommation de fruits et légumes quelques jours avant les longues épreuves pour éviter les inflammations des intestins. Je fais également attention à consommer des poissons gras comme le saumon, sauvage exclusivement, la sardine, le thon ou les maquereaux. Pour le thon, il est le dernier maillon de la chaine donc je fais aussi attention à ne pas trop en consommer… Ensuite, je prends des compléments alimentaires comme de la spiruline de Provence, pour compléter le manque de protéines de mon alimentation, et des BCAA ainsi que du calcium magnésium et des antioxydants.

Les départs de trail sont parfois donnés en soirée ou début de nuit. De quoi se composent tes derniers repas dans ces conditions ?

C’est assez simple car je pense que la nourriture japonaise est une des meilleures au monde et de ce fait, je mange japonais la dernière semaine donc à base de riz, de poisson cru ou de viande un peu grillée. Je trouve que cela reste très léger et permet de bien digérer tout en ne manquant de rien. Si je mange normalement, cela me permet de partir pas trop chargé au niveau alimentaire mais en ayant fait le plein dans tous les domaines.

Le plus souvent, comment t’alimentes-tu en course ? Consommes-tu une alimentation liquide exclusivement ou arrives-tu à manger des aliments solides ? Si oui, lesquels ?

En course, j’essaie de faire simple en consommant des gels, des barres, et de la boisson énergétique. Il m’arrive de compléter avec ce que je trouve aux ravitaillements de l’épreuve comme des morceaux de banane ou des soupes avec des vermicelles. Cela me permet de changer de goût. C’est aussi pour cela qu’avec mon partenaire nutrition (NDLR : Overstim’s) nous travaillons sur des produits avec des goûts et des saveurs différents pour changer et ne pas consommer que du sucré autrement c’est vite l’overdose…

T’arrive-t-il d’emporter des aliments pas forcément diététiques mais à connotation « plaisir » pendant un trail ?

C’est assez rare mais je pense que ce type d’aliments comme le fromage, entre autre, ou les tucs® et autres produits de ce type sont souvent bons pour la tête. Pour éviter cela, je consomme de tout au quotidien pour ne pas avoir trop d’envie de ce type pendant les épreuves.

De nombreux coureurs ressentent une certaine lassitude pour les saveurs sucrées au-delà d’une certains nombre d’heures de course. Est-ce aussi ton cas ? Si oui, quelles sont tes astuces pour éviter ce dégout et continuer à t’alimenter régulièrement ?

Oui bien entendu, je suis fait comme tout le monde et il faut savoir qu’en gros le corps accepte les gels pendant environ 7h de course ensuite barres et boissons pendant 14h environ et après tout s’arrête. Donc c’est aussi pour cela que nous avons travaillé l’an dernier sur des produits salés et en particulier les boissons et que nous faisons la même chose en barres et en gels actuellement.

Les troubles digestifs sont également monnaie courante chez les traileurs. Quels conseils pourrais-tu donner à nos lecteurs pour les prévenir?

Je pense que les derniers repas sont importants mais qu’il faut aussi tenir compte de la marque et des produits utilisé en course. En effet, ce sont des produits qui doivent être vite assimilables et que la qualité de ceux-ci est primordiale aussi bien pour une bonne assimilation que pour une bonne acceptabilité par le corps. Les sorties longues servent à cela : c’est-à-dire à tester les produits énergétiques et leur bonne assimilation par le corps.

Après la course, quelles « précautions » diététiques prends-tu pour faciliter ta récupération ?

Déjà, je tente toujours de manger certains produits type riz ou pommes de terre vapeur et ceci rapidement après mon arrivée car il existe une fenêtre de récupération qui va vite se refermer. Pour cela, j’utilise aussi un premier produit de récupération que sont les comprimés de BCAA, comprimés que je prends en général tout au long de la course. Après la ligne, je prends une boisson de récupération de mon équipementier alimentaire. Ensuite, il faut remanger progressivement en faisant toujours attention à la qualité des aliments pour bien récupérer et avoir le moins de fatigue possible par la suite.

Pour terminer, pourrais-tu nous dévoiler ton péché mignon, l’aliment auquel tu ne résistes jamais ?

Je n’en ai pas vraiment car mangeant de tout, je n’aie pas trop de choses à bannir, que je consommerais quand même…

Merci beaucoup Sébastien d’avoir pris le temps de répondre à ces questions.

Pour suivre l’actualité de Sébastien : Facebook : La page de Sébastien CHAIGNEAU Twitter : @SebChaigneau Internet : le site web de Sébastien sera disponible très prochainement …Stay tuned ! Pour terminer en beauté, je vous conseille de visionner une magnifique vidéo de Sébastien réalisée lors de la Transgrancanaria 2012.

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