Frédéric Brossard

Frédéric Brossard de Wanarun : interview avant son marathon de Paris

Frédéric, est coureur de marathon et rédacteur free-lance pour le magazine « Jogging international ». Il est aussi un blogueur bien connu sur Wanarun.net ! Quand je lui ai proposé de l’interroger pour qu’il puisse nous faire partager sa préparation nutritionnelle pour le marathon de Paris, il m’a répondu « partant » ….alors c’est parti !

Interview de Frédéric Brossard

Frédéric Brossard
Frédéric Brossard

Bonjour Frédéric, peux-tu te présenter rapidement ?

44 ans mais jeune coureur puisque j’ai débuté – sérieusement – la course à pied il y a 3 ans seulement. 1m84 mais un poids constant de 67kg depuis des années, ce qui a favorisé mes progrès rapides dans la discipline. Cinq entraînements par semaine avec une approche très rigoureuse  de la programmation et du contenu de mes séances, chacune constituant une pierre à l’édifice d’un objectif de performance. Je revendique avec fierté l’étiquette de coureur minimaliste, refusant la surenchère de l’amorti.

Tu es un coureur expérimenté. Combien de marathon as-tu déjà couru ?

Mon expérience n’est pas si longue que cela J mais il est vrai que le marathon, est-ce dû à mon âge ?, est rapidement apparu comme ma discipline de prédilection. 4 à mon actif à ce jour avec un temps de 3h13 comme référence.

Combien de temps avant la compétition, commences-tu ton entrainement spécifique ?

Je privilégie des plans courts et techniques. 8 semaines est pour moi le temps de préparation idéal. Il suppose bien entendu un foncier suffisant. Cette année, j’ai eu la malchance de connaître quatre mois d’arrêt consécutifs à une fracture de fatigue d’un métatarse. Ma reprise s’est effectuée à 8 semaines du Marathon de Paris et je suis parti directement sur un plan spécifique. Je constate que je manque d’endurance à allure marathon et ne viserait sans doute pas une performance le 10 avril.

Adoptes-tu une alimentation particulière pendant cette phase d’entrainement ?

Non, pas du tout, mon alimentation habituelle est très équilibrée et sans excès d’aucune sorte, la preuve en est que je n’ai pas pris un gramme de graisse depuis 20 ans J Je n’éprouve pas la nécessité de la modifier à l’approche d’un marathon.

Tu es également un fin gourmet, penses-tu que l’alimentation sportive soit synonyme d’austérité ?

Du tout ! Il suffit de faire preuve d’imagination ou de se plonger avec assiduité dans les ouvrages de Laurence Salomon (restaurant Nature et Saveurs à Annecy) ou de Valérie Cupillard qui proposent chacune des myriades de recettes santé toutes plus variées les unes que les autres.

Ces dernières années, quelles évolutions as-tu pu observer en matière de produits diététiques ? NDLR : Frédéric réalise régulièrement des tests de produits de l’effort  pour le blog Wanarun.

J’ai constaté que les évolutions avaient porté sur 5 axes principaux :

  • le développement de gammes certifiées bio ou prétendues naturelles, pour coller aux évolutions de la société.
  • un travail sur le goût et les arômes. Il est loin le temps des premières boissons hyper-sucrées au goût artificiel abominable. Cela dit, comment sont générés ces « délicieux » arômes de vanille bourbon, de citron vert ou de menthe fraîche, je n’en sais trop rien …
  • au niveau des boissons, la généralisation quasi-systématique de la dualité sucré / salé. A un produit au goût sucré correspond son jumeau au goût salé. C’est la multiplication des épreuves de type ultra qui a conduit les fabricants à proposer autre chose que du sucré, écœurant au bout de plusieurs heures de consommation.
  • une autre dualité si j’ose dire, le trio Solide (barres énergétiques) / Gel / Liquide (boisson) afin que chacun puisse trouver la consistance de son choix.
  • enfin, une segmentation de plus en plus fine des produits, avec des compositions très spécifiques (encore que, il y a parfois matière à discussion) pour les différentes phases de l’effort : boisson d’attente, boisson de l’effort, boisson de récupération, boisson de préparation …

Quels sont tes menus types pour les repas de la veille du marathon et le petit déjeuner pré-compet?

La veille du marathon, je mange … comme à mon habitude. J’allais ajouter « sans trop de matières grasses » mais comme c’est le quotidien de mon alimentation (huile d’olive et oméga 3), cela aurait été un pléonasme.
En guise d’exemple, voici ce que j’ai mangé la veille de mon dernier marathon :
Samedi midi : dos de saumon cuit à la vapeur parfumé aux algues fraîches, purée de tétragone aux graines de fenouil et purée de lentilles corail (recette de Laurence Salomon), yaourt probiotique bio et pomme cuite.
Samedi soir : velouté de châtaignes (mais sans la crème fraîche), tartine (pain maison sarrasin / châtaigne sans gluten) à l’ail avec tomates séchées et jambon de parme, raisin.
Pour le petit déjeuner d’avant course, je ne change pas franchement non plus mes habitudes et visiblement suis à contre-courant de ce qui est recommandé sur les sites spécialisés consacrés à la course à pied. Ma seule concession : je prends ce petit-déj 3 heures pile avant l’épreuve : tartines de pain maison (sarrasin / châtaigne / maïs) avec compote de fruits et miel, un verre de jus d’oranges pressées, un kiwi, un fruit de la passion, un yaourt kéfir bio non sucré.

Et en course, tu t’alimentes de quelle manière ? Tu es plutôt boisson de l’effort ou gels énergétiques ?

J’ai eu une phase gels mais j’ai tellement souffert d’ennuis gastriques et de nausées pendant plusieurs jours après l’épreuve, que je suis passé aux boissons que mon organisme tolère beaucoup mieux mais avec lesquelles j’éprouve un sentiment d’écoeurement après 2 heures de course. Cette année, j’ai bien envie, comme en plus je ne peux prétendre à une performance, de courir mon marathon de Paris à l’eau claire, celle fournie par l’organisateur, en espérant qu’il aura pour une fois la bonne idée de ne pas la faire sortir du frigo, et d’emmener juste quelques barres de pâtes d’amande au cas où.

Quant à la récupération, y prêtes-tu attention ?

En fait, pas vraiment. Comme je l’ai déjà dit, j’estime que mon alimentation est très bien équilibrée et qu’elle ne nécessite pas de modifications importantes avant ou après une épreuve. Je fais néanmoins attention à l’hydratation post-effort et ne mange pas trop durant le premier repas qui suit l’arrivée pour ne pas trop solliciter mon foie qui a beaucoup travaillé le matin.

Enfin, quel conseil « nutritionnel » pourrais-tu donner à un coureur qui participe pour la première fois à un marathon ?

Ne serait-ce plutôt pas ton domaine de compétence ? J Personnellement, si j’ai un conseil à donner c’est celui d’avoir tout au long de l’année une alimentation équilibrée, de refuser les plats préparés, véritables poisons pour l’organisme, de ne cuisiner que des éléments simples et à l’huile d’olive vierge première pression à froid, la seule qui ne se dénature pas à la cuisson. La recherche de l’équilibre doit toujours être présente à l’esprit, c’est pour cela que j’aime l’approche de Laurence Salomon, qui dans son restaurant et ses ouvrages propose toujours des repas complets mêlant légumes, féculents, légumineuses, viandes maigres, poissons …
La consommation de pâtes avant un marathon est généralement recommandée mais là aussi il faut savoir raison garder. Il ne me semble pas utile d’en abuser pendant 3 semaines jusqu’au samedi soir.
Merci beaucoup Frédéric d’avoir répondu à toutes ces questions et vous pouvez retrouver Fred sur :
Son blog : http://www.wanarun.net/blog/author/fred 
Sa page Facebook : http://www.facebook.com/frederic.brossard1 

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