L’échinacée : quelles indications possibles?
L’hiver, cette plante nord-américaine est souvent utilisée par les sportifs pour se prémunir des rhumes et infections respiratoires. Mais existe-t-il un réel intérêt à se supplémenter en échinacée, et que dit la science sur ses effets chez l’athlète ?
Qu’est-ce que l’échinacée et quelles sont ses propriétés ?
L’échinacée est un arbuste à fleurs roses, blanches ou pourpres — selon la variété — originaire d’Amérique du Nord mais cultivable facilement en Europe. Il s’agit de la plante médicinale la plus utilisée par les peuples amérindiens. La variété la plus étudiée en médecine est l’échinacée pourpre (Echinacea purpurea).
En phytothérapie, on lui attribue des propriétés de stimulation du système immunitaire, en réduisant la susceptibilité aux infections, en particulier respiratoires. Ces effets ont été observés dans plusieurs études cliniques, même si les résultats ne sont pas unanimes : certaines personnes semblent y répondre favorablement et d’autres non.
L’échinacée est-elle utile pour les sportifs sujets aux infections respiratoires ?
Il est bien établi qu’un effort sportif intense s’accompagne d’une baisse transitoire des défenses immunitaires — ce que l’on appelle la « fenêtre ouverte » — durant laquelle le risque d’infection est accru. C’est dans ce contexte que le recours à l’échinacée est fréquent dans le monde sportif.
Toutefois, il n’existe pas de consensus scientifique solide chez le sportif. Les effets sur le système immunitaire varient selon la dose utilisée, le moment de l’ingestion et les paramètres biologiques mesurés. Une méta-analyse publiée dans Lancet Infectious Diseases (Shah et al., 2007) concluait à une réduction modeste de la durée et de la fréquence des rhumes chez la population générale, mais les données spécifiques aux athlètes restent insuffisantes.
En pratique, une cure d’échinacée peut être proposée aux sportifs particulièrement sujets aux infections respiratoires hivernales, en période de compétition ou de surcharge d’entraînement. Une réserve importante cependant : cette plante peut être déconseillée chez les femmes enceintes, les personnes allergiques aux Astéracées (marguerite, chrysanthème) et chez certains patients immunodéprimés. Les données sur sa toxicité à long terme restent par ailleurs limitées.
Références scientifiques
Senchina DS, Shah NB, Doty DM, Sanderson CR, Hallam JE. Herbal supplements and athlete immune function — what’s proven, disproven, and unproven? Exerc Immunol Rev. 2009;15:66–106. PMID : 19957872
Shah SA, Sander S, White CM, Rinaldi M, Coleman CI. Evaluation of echinacea for the prevention and treatment of the common cold: a meta-analysis. Lancet Infect Dis. 2007;7(7):473–480. PMID : 17597571
Woelkart K, Linde K, Bauer R. Echinacea for preventing and treating the common cold. Planta Med. 2008;74(6):633–637. PMID : 18186026
Toselli F, Matthias A, Gillam EM. Echinacea metabolism and drug interactions: the case for standardization of a complementary medicine. Life Sci. 2009;85(3–4):97–106. PMID : 19422833


