La quercétine : effets d’une supplémentation sur les performances en endurance
La quercétine est un flavonoïde présent dans de nombreux végétaux — câpres, sureau, oignons, chocolat notamment — auquel on attribue des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et même hypotensives chez l’animal. Ces résultats ont-ils été confirmés chez l’être humain, et en particulier chez le sportif d’endurance ?
Qu’est-ce que la quercétine et comment agit-elle sur l’organisme ?
La quercétine appartient à la famille des flavonoïdes, des polyphénols végétaux aux propriétés antioxydantes. Chez l’animal, plusieurs effets biologiques lui ont été attribués : réduction de l’inflammation, protection contre le stress oxydatif et, dans certains modèles, effets sur le métabolisme mitochondrial. Ces propriétés ont conduit à s’interroger sur son potentiel ergogène chez l’athlète.
En revanche, les études chez l’être humain se sont révélées moins prometteuses : les effets anti-inflammatoires et antioxydants observés chez l’animal n’ont pas été retrouvés de façon constante chez l’homme.
La quercétine améliore-t-elle les performances en endurance et la VO2max ?
Une méta-analyse canadienne (Pelletier et al., 2013) a synthétisé les données disponibles sur l’effet d’une supplémentation en quercétine sur la performance d’endurance et la capacité aérobie maximale. Ses conclusions sont nuancées :
- Une supplémentation de 600 à 1000 mg pendant 5 jours entraîne une augmentation très faible de la performance d’endurance chez les athlètes entraînés — insuffisante pour se traduire par un bénéfice mesurable sur le terrain.
- Concernant l’effet sur la VO2max chez les athlètes entraînés, les données restent trop peu nombreuses pour tirer des conclusions.
- Chez les individus non entraînés, une supplémentation de 1000 mg pendant 5 à 13 jours génère des augmentations de performance légèrement plus importantes — mais toujours trop modestes pour être cliniquement significatives.
En résumé : la quercétine peut produire des augmentations de performance mesurables en laboratoire, mais celles-ci sont si modestes qu’elles ne se traduisent probablement pas par un avantage réel en compétition. Le rapport coût/bénéfice de ce type de supplémentation reste donc difficile à justifier pour le sportif d’endurance entraîné.
Références scientifiques
1. Pelletier DM, Lacerte G, Goulet EDB. Effects of quercetin supplementation on endurance performance and maximal oxygen consumption: a meta-analysis. Int J Sport Nutr Exerc Metab. 2013;23(1):73–82. PMID : 22805602



